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Publié par Tchadoscopie

TCHAD | Le viol collectif de Zouhoura par des fils de dignitaires embrase le pays

Par Libération Publié le 24-02-2016 à 15h39

Après l'agression sexuelle filmée d'une jeune fille de 16 ans, des manifestations de colère se succèdent au Tchad. Les suspects sont des enfants de généraux proches du président Idriss Déby.

 

Vent de protestation au Tchad. Le viol d'une jeune Tchadienne de 16 ans par des fils de dignitaires haut placés, puis la mort de deux manifestants qui dénonçaient ce crime cristallisent depuis une semaine le mécontentement des lycéens au Tchad. Une critique lapidaire lancée à l'encontre du président Idriss Déby, candidat à un cinquième mandat présidentiel le 10 avril prochain.

 

Le mouvement de contestation a débuté le 15 février dernier, lorsque plusieurs centaines de jeunes ont manifesté à N'Djamena, la capitale administrative du pays, après le viol de Zouhoura, deux jours auparavant. Violemment dispersés par la police anti-émeute, les contestataires ont vu l'un des leurs, Abbachou Hassan Ousmane, 17 ans, être tué par une balle de la police. En réaction, la protestation s'est propagée dans plusieurs villes du pays.

 

Le mouvement de contestation des lycéens a atteint Moundou, la capitale économique et deuxième ville du pays et Massaguet, à 80 km de N'Djamena. Lundi 22 février, les lycéens de Faya Largeau, située à l'extrême-nord du pays, ont à leur tour manifesté contre le pouvoir. Le bilan est une fois de plus lourd : un mort et cinq blessés selon l'AFP.

 

Un viol qui met le feu aux poudres

 

A l'origine de cette contestation ? Le viol en réunion de Zouhoura, adolescente de 16 ans et fille de l'opposant politique Mahamat Yesko Brahim. Dans un pays où l'omerta règne sur le sujet, la jeune femme a osé révéler son agression à sa famille. Menacée afin de ne pas dévoiler l'affaire, elle n'a pas cédé. Dans une interview accordée à France 24, elle explique :

"Ils m’avaient demandé de ne rien dire mais j’ai raconté à mes parents, je ne pouvais pas faire autrement."

En représailles, les agresseurs mettent en ligne une vidéo de leurs exactions sur les réseaux sociaux. Elle a depuis été retirée. Les cinq hommes accusés d'abus sexuels, dont trois enfants de généraux, ont été arrêtés par les autorités tchadiennes peu après la diffusion des images. Quatre autres personnes, dont un fils du ministre des Affaires étrangères, sont soupçonnés de complicité et ont également été placés derrière les barreaux.

 

Ce fait-divers sinistre a provoqué un véritable tollé dans le pays. Les auteurs présumés du viol ont été transférés dans la prison de haute sécurité de Koro Toro, située en plein désert dans le nord tchadien, rapporte le journalduTchad.com.

"Ce qu'a subi la petite Zouhoura est un acte barbare, ignoble, d'un autre âge. Nous demandons la justice, une justice exemplaire", a déclaré lundi à l'AFP la présidente des femmes juristes, Thérèse Mekombe.

 

Réagissant au viol de la jeune fille le jour des premières manifestations, le président tchadien, Idriss Déby, avait promis que les coupables seraient punis. "C'est en père de famille scandalisé que je réagis ", a déclaré le chef de l'Etat dans un communiqué, promettant que justice sera rendue à Zouhoura.

 

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Edouard Lamort | Libération 

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