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Les mauvaises pratiques dénoncées par les institutions de Bretton Woods ont-elles cessé ?
Il y a en effet eu des excès dans les dépenses avant ordonnancement, ainsi que dans les marchés de gré à gré, autorisés par le code des marchés publics. Aujourd'hui, notre perspective est différente. Au-delà des remarques du FMI et de la Banque mondiale, ces pratiques budgétaires ne sont pas acceptables. Nous travaillons à les réduire, en attendant de les éradiquer. Les plus hautes autorités ont donné des instructions en ce sens. Et le ministère des Finances veille à les faire respecter pour que ces facteurs - et d'autres - n'entraînent pas l'échec du programme défini avec le FMI.
En septembre, afin de mieux maîtriser les dépenses, le chef de l'État avait déjà ordonné la suspension de tout nouveau contrat jusqu'à la fin de l'année 2013 et, depuis le mois de janvier, nous sommes passés à une phase de contrôle de ces dépenses.
Des instructions sont données pour qu'il n'y ait plus de marché de gré à gré, sauf exception. Il en est de même pour les dépenses avant ordonnancement, pour lesquelles nous avons un seuil à ne pas dépasser dans le cadre de l'accord avec le FMI.
La diminution des revenus pétroliers en 2013 a-t-elle provoqué la reprise des discussions avec vos partenaires financiers ?
Absolument pas. Tout d'abord, il ne faut pas exagérer la notion de "pays pétrolier" s'agissant du Tchad. Nous produisons à peine plus de 100 000 barils par jour, ce qui est peu comparé à d'autres États africains qui en comptent 1 million par jour et qui, malgré ces moyennes importantes, pensent à diversifier leurs sources de revenus. Pour être en mesure de faire face à ses dépenses en cas de baisse des ressources pétrolières, le Tchad doit adopter la même stratégie. Par ailleurs, la baisse que vous évoquez vaut pour 2013. Cette année, trois nouveaux puits entrent en production, l'un d'eux est déjà actif. La tendance est donc plutôt à la hausse.
Les dépenses du pays en matière de défense ont toujours été un sujet de discorde avec les bailleurs de fonds. Êtes-vous parvenu à un modus vivendi ?
Cette question doit être appréhendée dans son contexte historique. Si, dans le passé, nos dépenses militaires ont fait l'objet de critiques, l'expérience a montré qu'il était nécessaire de revoir cette approche. En 2008, si l'État avait cessé d'exister, il n'aurait pas été là pour financer la santé ou l'éducation. Il s'est donné les moyens d'assurer sa sécurité et sa stabilité, moyens qui lui ont permis d'aider des pays frères comme le Mali ou la Centrafrique. La menace terroriste internationale actuelle est un défi pour tous les pays. Aujourd'hui, les bailleurs comprennent mieux la question et reconnaissent que ces dépenses ont été judicieuses.
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